dimanche 23 novembre 2014

Strasbourg réduit le périmètre de survie des sans-abri

Capitale de l'europe, capitale Noël, capitale de la fusion, ... Capitale de la misère malmenée sournoisement avec l'air de ne pas y toucher.
Personne ne dit rien ouvertement, personne ne dénonce. Ça papote entre soi dans les couloirs, ça se tire dans les pattes en douce, mais ça se congratule en réunion et ça se fait des petites sauteries dont on voit les photos sur facebook.
Et le mélange des genres n'est jamais loin !

Les sans-abri subissent directement cette ambiance pourrie. Quand l'incompétence croise les francs-tireurs ça ne donne rien.

Rien ne se fait, rien n'avance, rien n'est pensé intelligemment dès lors qu'il s'agit de la population la plus fragile.

Vous emmenez des projets clef en main à strasbourg ? ; rien, sauf à se faire piquer ses idées, ...
Vous n'avez pas des "amis influents" comme s'en vantent certains ? ; rien, sauf à y voir des associations qui crèvent d'une "concurrence" malhonnête, prête à tout pour récupérer sa part de pauvres.

En attendant le périmètre de la ville se réduit à une petite portion... 
Le centre nous est complètement interdit, les ponts sont fermés, les berges bloquées, ... pour des raisons de sécurité. 
Cette sécurité qui nous envoie mourir ailleurs, éloignés de ce qui nous maintient en survie.

Strasbourg réduit les distributions de repas aux sans-abri

à Strasbourg depuis des années, l'association "Abribus, pour une vie sans faim" distribue des repas aux SDF. La ville lui a supprimé des stationnements, compliquant son travail et pénalisant les sans-abri.
Pour "compenser" Abribus ne se voit proposer que des endroits impraticables, sombres, alors que distribuer et manger dans la rue sans protection est assez difficile pour tous.
La ville de Strasbourg en affaiblissant Abribus affaiblie tous les SDF qui se retrouvent à 200 sur une distribution de repas...
Le seul stationnement que nous exigeons, nous les utilisateurs, est celui de la gare. Abribus l'a sollicité il y a fort longtemps sans succès ! Pourtant, il a été cédé à une nouvelle association. 
Nous rappelons à Roland Ries que la semaine compte sept jours, Abribus à sa place à la gare.

vendredi 21 novembre 2014

Mise à l'abri et connerie généralisée

Pour le moment les sans-abri ont très froid ; "C’est complet ! Je suis désolé il n’y a plus de place !"
A -5° Strasbourg comme partout va nous faire le coup de la mise à l'abri. Des lits ajoutés là, un accueil de jour transformé en accueil de nuit, des chambres d'hôtel, un gymnase et que sais-je encore. Les zélus nous diront combien d'argent leur incompétence coûte et combien ils ont conscience que c'est de leur "devoir" politique et moral de continuer à mener une politique stérile et criminelle.

Ensuite les "grandes" associations vont expliquer qu'il faut des hébergements et bien sûr de l'accompagnement ... Quelle que soit ton histoire, tu es sans logement donc tu dois passer par l'hébergement... Mais ou sont les valeurs de ces associations alors qu'elles forcent les travailleurs sociaux a laisser des gens sur le pavé, alors qu'elles acceptent de répondre à des appels d'offre indignes, inadaptés et improductifs ?.

Toutes leurs déclarations se ressemblent et se répètent d'année en année. Elles parlent de grands idéaux, de sauver, d'insérer, d'impliquer et de s'engager. Mais tous occultent l’engagement sur le logement alors que c’est le cœur du problème. A l'évidence, il n'y a aucune volonté forte, réelle de faire diminuer cette catastrophe humanitaire et sociale en france. A Strasbourg, depuis trois ans, notre partenariat avec l'école d'architecture est riche d'idées et de solutions, mais Strasbourg est incapable d'y répondre.




mercredi 19 novembre 2014

Compagnons d'Emmaüs : exclus de tous les droits

Georges Otin - Nul ne peut reprocher quoique ce soit aux Compagnons d'Emmaüs car ils sont fragilisés par un sous-statut indigne qui les livre pieds et poings liés au pouvoir discrétionnaire/arbitraire/ totalitaire (rayer la mention inutile) d'une seule personne, "responsable" ou "dirigeant(e)".
En revanche, on doit s'interroger sur les motivations et convictions de ces "responsables" qui n'hésitent pas à les instrumentaliser quand ça les arrange...
Dans le Sud-Ouest, n'a-t-on pas vu des "patrons" d'Emmaüs faire défiler leurs exclus du droit du travail ( Compagnons) pour la fête du travail ?!?!. Et mieux encore, mettre en première ligne leurs "sans contrat" (Compagnons) pour protester contre le Contrat Première Embauche ?!?..Etc, etc, etc, car la liste serait beaucoup trop longue :
En fait, les Compagnons sont trop souvent des pions à géométrie variable :
- tantôt "taillables et corvéables à merci" pour le business,
- tantôt jetables si pas au moule ou incompatible avec l'égo du chef.
- tantôt les plus beaux ou les plus misérables en fonction des besoins en "marketing" du moment.
C'est pour cela que nous devons tous nous mobiliser afin qu'ils soient, tout simplement, considérés comme des HOMMES conformément aux préceptes d'Emmaüs et de notre Etat de droit.



Georges Otin

TABLE RONDE HABITAT (S)DF : 80 personnes !

Environ 80 personnes venues pour (re)penser et imaginer un habitat qui s'adresse aux personnes qui, pour différentes raisons n’accèdent pas aux dispositifs d’hébergement proposés ou refuse de s'y rendre. Démarche innovante et solidaire du Collectif Sdf Alsace représenté par sa porte parole Monique Maitte et de L'école nationale supérieure d'architecture de ‪Strasbourg‬











Vous avez dit "SDF" ? Nous sommes sans logement !

Cette vision unique, ce sigle sdf, cet enfermement, cette image désignant le "sdf" comme forcément malade, fou, avec problème, à risque et je ne sais quoi encore, laisse de côté beaucoup de monde.
Les personnes privées de leur droit à un logement ont d'autres visages, d'autres images, d'autres histoires ...

De plus en plus de gens se retrouvent sans toit, doivent-ils "obligatoirement" être dirigés vers un hébergement ?.
Doivent-ils obligatoirement suivre des règles collectives aliénantes ?.
Doivent-ils rendre compte de tous leurs faits et gestes, subir le regard scrutateur de "professionnels" ?.
Pourquoi les priver du droit de recevoir des amis, la famille ?.
Ces lieux inadaptés permettent-ils de se reconstruire ?

Être privé d'un toit c'est être privé de tous ses droits et pire, de ses simples désirs.
Désir d'être tranquille, de se poser, de se reposer, d'avoir une vie de famille, de passer un temps avec son animal. Désir de ne rien faire aussi, s'accorder un temps de repos.

--> les travailleurs précaires ;
--> les expulsés de leur logement trop cher ;
--> les divorcés
--> les chômeurs ;
--> ceux que leur famille rejette ;
--> …
Ceux là, sont-ils à leur place dans un hébergement classique ?.

Nous ne le pensons pas et eux non plus.

24/100 des personnes sans logement travaillent ! Les emplois qu’ils occupent sont très souvent précaires (contrats courts, temps partiel, intérim, contrats "aidés et tous les trucs d' "insertion") et peu qualifiés.

Près de 4 SDF sur 10 vivent dans des conditions plus précaires, dans des centres qu'ils doivent quitter tous les matins sans être assurés de retrouver une place le soir ou dans des hôtels. Et 10% sont sans-abri. Une proportion qui monte à 14% en région parisienne, en raison du nombre croissant de sans-domicile et de la pression immobilière.

Mais la rue abime vite tous ceux qu'elles accueillent, le logement est rare et trop cher, même en "social" pour tous les chômeurs et emplois précaires. Il faut agir vite. Nous avons des solutions.


mardi 18 novembre 2014

témoignage concernant une non-assistance d'une personne en péril ayant entraîné la mort par négligence

UZES. non assistance à personne à danger.
mort d'un ‪sans abri témoignage d'un citoyen.
De M. Dumond Cyrille

Objet : témoignage concernant une non-assistance d'une personne en péril ayant entraîné la mort par négligence

Mesdames, Messieurs,

C'est le citoyen de la république Française qui s'adresse à vous aujourd'hui pour évoquer des faits dont j'ai été témoin et que je ne peux, au regard de la morale et de la Loi, passer sous silence.
Je suis un citoyen lambda, un simple habitant d'une ville rurale de taille moyenne, la bonne ville d'Uzès dans le Gard. J'y vit, j'y promène mon chien, comme tous les propriétaires de chiens, et ces promenades me mènent régulièrement vers le parc du Duché, qui somme toute est une agréable place ou il fait bon fumer une cigarette pendant que le chien s'amuse.
Depuis 6 mois j'y croisais un nouveau venu, James, quarante-sept ans bien qu'il en faisait bien plus, écossais, clochard, SDF malheureux en rupture sociale total et dans un état de santé préoccupant. Je lui offrais souvent un clope ou un café, et nous fumions ensemble en essayant de se comprendre. La différence de langue y faisant largement obstacle...
Quoiqu'il en soit, il avait probablement choisi Uzès comme terre d'accueil et de refuge, le soleil du Sud y contribuant probablement, c'est vrai qu'il brille pour tout le monde, lui.
En tous cas, les clients de la Superette du centre ville peuvent témoigner qu'il était entré dans le paysage social local, on le voyait quotidiennement y faire la manche.
Mais revenons en aux faits : le 06 septembre 2014, alors que les services de la Préfecture du Gard avaient par arrêté préfectoral mis le département en alerte orange en rapport à des conditions climatiques particulièrement dangereuse, je sortais tout de même mon chien vers 9h qui le réclamait expressément, moi-même étant particulièrement bien équipé...
Alors que la pluie était battante, je constate que James était toujours dans son « campement » qu'il occupait depuis une semaine, au bord du mur d'enceinte du fond du parc, non baché, allongé dans un duvet à même le sol trempé, ses quelques sacs ruisselants...
Ma conscience m'oblige à intervenir, je vais le voir, essaie de lui dire de bouger, de se mettre à l'abri, sans succès. Il me demande de lui rouler une clope, tellement ses mains tremblaient, en me tendant son tabac trempé... Je ne sais pas pourquoi il ne voulait pas bouger : ses affaires qu'il ne voulait pas laisser? Son état de santé qui l’empêchait de se lever ? Quoiqu'il en soit mon acharnement fut sans effet... Au bout de quelques heures infructueuses, vers 10h30, dépité, je décide d'aller demander de l'aide aux services sociaux, dans l'impossibilité à me résoudre à laisser la situation ainsi, sans tenter d'en faire plus, j'imaginais le pire, je pars donc en lui laissant mon parapluie...
Consterné, je file au plus simple, je pars donc au local de la Croix Rouge, je tombe en pleine distribution alimentaire, quatre ou cinq responsables m'accueillent. Je leur demande de l'aide, je leur signale qu'un SDF a besoin d'aide, et au vue de la situation j'invoque même l'urgence lié à une assistance de personne en danger, en cette période d'alerte et de danger immédiat. Je leur intime au moins de lui fournir une tente, faire quelque chose, la pluie dehors continuait de tomber à torrent...

L'équipe de la Croix Rouge, visiblement dépassée, me regarde l'air ébahit et me proposent des pommes et du pain. Au bout d'une d'une demi-heure de parlementaire, celui qui semblait être le chef, tout en ré-insistant pour les pommes et le pain, m'invite à me rendre par moi même à la police municipale qui « pourront répondre à ma demande », car «il pourront vous trouver une tente, il doivent avoir ça ! ».

Je ne sais pas si j'ai failli rire ou pleurer, mais je suis tout de même parti vers cette nouvelle piste...
Je suis donc aller voir la Police Municipale, sous la pluie battante, pensant à ce pauvre James et effaré par ma première visite aux services sociaux de la Croix Rouge...

Deuxième acte, j'arrive au local de la Police Municipal, il est fermé... Un agent est tout de même en faction sous le porche mitoyen de la mairie, je lui signale James, le lui raconte l'histoire, invoque la même urgence, les mêmes obligations légales d'assistance. J'ai conscience que mon devoir d'assistance à personne en danger me l'impose. Signaler une situation d'assistance urgente quand on a tout fait pour y remédier est une obligation légale et je m'y emploie avec un acharnement citoyen autant que par compassion, un homme est probablement en danger. Je dit à l'agent qu'il faut au moins vérifier, lui apporter une bâche, une tente... 
Je demande simplement de l'aide pour un SDF en danger... Je lui dit que je viens de la part de la Croix Rouge, il me répond qu'il n'a pas de tente pour moi... Même fin de non recevoir... Finalement, il m'invite à aller à la mairie... Et là...
Quatre secrétaires écoutent mon histoire, que je répète inlassablement, de plus en plus troublé par les réponses qu'on m'y oppose, à savoir le laisser faire, à peine une légère expression de compassion légitime. 
On m'envoie au secrétariat du Maire... La secrétaire appelle le premier bureau d'accueil en les interrogeant sur la recherche éventuelle d'une tente. Réponse négative. Je commençais à ne plus comprendre ou j'étais, ni que faire pour que quelqu'un prenne le problème à sa juste mesure.

Finalement elle tente de me rassurer et me demande de me calmer, il vont « envoyer une patrouille ». C'était là la seule réponse que j'obtiendrai à ma demande. L'affaire est à présent entre leurs mains.
C'est sur, j'aurais préféré que des agents municipaux interviennent rapidement, en rapport du degré d'urgence, mais bon, au regard de la difficulté, je me résigne à la solution policière...

Largement écoeuré par l'indifférence, ou par la lenteur de réaction des agents de la collectivité publique, je me résigne tout de même à accepter la réponse et rentre enfin chez moi après quatre heure de palabres et trois bureaux, sachant que je dois aussi faire à manger pour ma mère handicapée et qu'il était midi passé. J'espérais juste avoir fait ce qu'il fallait faire. Un simple devoir de citoyen, solidarité et fraternité...
La tempête bat son plein toute la journée et toute la nuit, un vent à décorner les bœufs...

Persuader que mon appel à été pris au sérieux, je ne vais pas vérifier si mon intervention a produit son effet... J'aurais dû...
Le lendemain matin, mercredi, jour des enfants, même rituel, même parc, 9h30... 
Au fond du parc, les gendarmes. Avec angoisse j'interpelle un agent qui me dit de ne pas m'approcher, un individu est mort. Dégouté, je demande à voir le chef et je lui explique mon histoire de la veille, scandalisé par la non intervention des équipes municipales. Il m'écoute avec attention, prend mes coordonnées et dit qu'il me rappellera pour prendre mon témoignage à la gendarmerie...
Vers onze heures, je veux en savoir plus, je décide de repartir au parc. En approchant du bord du mur, nouveau sentiment d'angoisse...
Je n'oublierais jamais ce que j'ai ressenti quand j'ai passé la tête au bord du parapet surplombant le mur...

Non, je n'oublierai pas le triste ballet des gendarmes, autour du corps de James, totalement dénudé, son sexe traîné dans la boue... Ses affaires éparses... Le parapluie, protection dérisoire, écrasé et déchiqueté à ses cotés...

Les premières constatations se faisaient à ciel ouvert, à même le sol et sans protection pour le regard des passants. J'ai alors crié aux militaires que tout le monde pouvait voir de l'endroit ou j'étais. Le parc est particulièrement passant... Ils m'ont demandé de rester là pour en empêcher l'accès... J'ai accompli avec amertume mon triste travail de cerbère volontaire...

Les gendarmes sont partis après leurs besognes, sans un mots pour moi. 
Depuis j'attends leur appel...
 J'ai lu le lendemain dans le midi libre qu'un SDF était retrouvé décédé, « de mort naturelle », mon sang n'a fait qu'un tour. Une alerte orange « naturelle » ? une non assistance « naturelle » ? C'est ce moquer des gens ou quoi ?
Pourtant la législation est claire : l'obligation est faite à toute personne, d'intervenir afin de porter secours à toute personne en danger et il s'y ajoute d'une obligation d'intervention dans le cadre d'un péril de type « catastrophe naturelle ». Ainsi, dans le Code pénal, l'article 223-6 al 2 dispose qu' « est puni celui qui ayant connaissance d'un péril encouru par un tiers ne lui apporte pas l'assistance appropriée ». Et cette obligation a valeur constitutionnelle lorsque qu'elle concerne l'Etat et ses services décentralisés. 
Ainsi, ne pas ouvrir une instruction serait nier les principes du Droit.
D'où mes interrogations : si j'avais officiellement témoigné sur demande de la gendarmerie, le parquet n'aurait il pas dû ouvrir une enquête ? N'aurait il pas dû tenter de déterminer des responsables ou mettre l'accent sur un défaut dans la chaîne de responsabilité institutionnelle ?
En l'espèce, un homme meurt parce qu'il n'a pas été secouru et la justice n'est pas interpellée ?
Pourquoi n'ai-je pas été encore entendu ? Je me refuse à voir la mémoire de James, Être Humain, citoyen européen, mort en France, souillée par une indifférence coupable.
Les SDF sont ils a ce point dépouillés de tout, qu'ils sont aussi hors du champs du Droit ?
Et au regard de la réaction des services public lors de mon intervention, et en prenant compte l'approche de l'hiver, n'est-on est pas en droit de se poser des question sur le vrai visage de la solidarité Nationale ?
Quoiqu'il en soit, je n'arrive pas à me résigner à laisser cette histoire sans échos... 
Je pense toujours que les faits méritent une instruction plus complète et appelle à une réaction plus importante des autorités concernées, y compris au niveau préfectoral...
C'est pourquoi je vous adresse cette présente, en restant à votre disposition pour éclairer des points qui sembleraient obscurs. 
Dans l'espoir que vous prendrez en compte mon témoignage et que vous ferez bon usage, je vous prie de recevoir mes salutations.
Dans l'attente de votre réponse...
Dumond Cyrille

Uzès, le 08/11/2014