samedi 20 septembre 2014

Prisonnier "volontaire"

Il a disparu. Souvent des copains de la rue disparaissent, on ne les voit plus, nulle part. Sans vraiment les chercher on se renseigne, on pose des questions à ceux qui le connaissent, ceux qui pourraient le connaître puis à tout le monde.
Encore une disparition et voilà qu'arrivent les suppositions. Aucune catastrophe n'est envisagée : mort, maladie, … Il est parti au soleil, en Espagne, il a rencontré une femme, il a obtenue une piaule, …
Finalement, il est retourné en taule, encore une fois, pour vol. Il sera resté 4 jours dehors. Il sortira en mars. Merde, c'est con, en plein hiver !!! À quoi pensent les juges qui te font sortir en hiver ?. Mais bon, au moins il sera soigné, nourri, …

C'est un jour pas rigolo, comme tous ces jours pas rigolos qui sont déjà passés et les jours pas rigolos qui nous attendent.

Mange ta soupe et ferme là

On a vu arriver à Strasbourg des distributions de soupes très appréciées des ventres affamés.
Forcément, tout le monde est content, les zélés zélus, les citoyens, les affamés.
Forcément nous passons pour les emmerdeurs de service, les empêcheurs de tourner en rond, quand nous posons la question de leurs intentions, après que les organisateurs nous aient agressés verbalement, attaqués, humiliés, … Tout le monde s'en fiche, nous sommes peu soutenus.
Des travailleurs sociaux nous racontent qu'en réunion ces distributions ont été évoquées depuis des mois, que nombreux sont les professionnels qui, comme nous s'interrogent et s'inquiètent des retours reçus de leurs "usagers".
En effet, ces personnes disent aux sans domicile, que les associations ne feront rien pour elles et qu'ils sont les seuls à pouvoir "les sauver", ils encouragent sournoisement les sans domicile à se "révolter". Beaucoup de témoignages vont dans ce sens, on nous parle d'altercations, de colères et d'autres prouvent qu'il y a, pour les organisateurs,  des enjeux corporatistes, sectaires et politiques derrière.

Mais voilà, le silence règne c'est la loi du social, du politique et le sans domicile est l'otage de ces magouilles.

Une chambre enfin

La mixité sociale est un concept certainement trop bourgeois pour l’envisager dans le contexte des hébergements, des résidences "sociales", de l'hôtel, ….
Pourtant, qui peut croire que vivre entouré de gens qui ne vont pas bien du tout n’aura aucun impact sur le quotidien et le moral des gens qui sont placés dans ces endroits.
Être entourés uniquement de personnes qui connaissent la galère et la partagent. Dîtes moi qui irait mieux quand tous ses voisins ne vont pas fort ?.
Une solution digne c'est de répondre à la demande qui est souvent la même. Un "vrai" chez-soi, un endroit où cuisiner et recevoir.
Mais il n'y a jamais, pas souvent, alors il y a l’hôtel, les hébergements, les résidences "sociales",… Peut-on vraiment s’en réjouir ?

Un sans domicile fixe tabassé à mort

Un sans domicile fixe tabassé par deux autres hommes, durant la nuit de jeudi à vendredi. «Ils auraient pu le tuer» disent les témoins,  mais ils se sont interposés. Des passants ont cessés de passer et ont mit fin au calvaire. On ne sait pas si ces deux hommes savent qu'un sans domicile est simplement un homme. On ne sait pas ce que la justice va décider. On ne sait pas ce que lui va penser, comment il va survivre, une fois que l'hôpital le remettra à la rue, sans suivi, sans rien.

vendredi 19 septembre 2014

le social est un business

on a souvent évoqué le charity business, on peut parler de business social ... des entreprises qui se lancent dans des projets immobiliers avec comme caution des associations "professionnelles" ... on y est ... gestion des coûts, gestion des flux, ...
Inauguration à Strasbourg, d'un projet partenarial, rue de Rothau (QuartierGare) avec du logement social, une résidence hôtelière à vocation sociale et un hôpital de jour psychiatrique.
Il s'agit d'un partenariat entre le bailleur social I3F, les Résidences Sociales de France (RSF) et Epsan Brumath. La résidence sociale est gérée par la société Montempo... 
Rien ne vous choque ?  

la survie est une guerre !

Tendre la main ce n'est pas si facile, se disputer un coin de bitume avec les autres, se lever très tôt pour défendre son point de manche, se coller un sourire sur la gueule, faire gaffe à sa tenue pour ne pas trop "ressembler" à un sdf, bon à rien, paumé, avoir l'air de vouloir, donner une image énergique … Ou tomber carrément du côté de ceux qui font, qui créent, qui agissent en proposant un objet (bracelet, scoubidou, cendrier, …), en chantant, en faisant de la musique, …
La survie c'est une rage grandissante, une colère sourde, qui se nourrit de toutes les maltraitantes visibles et sournoises. Nous recevons toute la violence du monde dans la figure, tous les jours. Misère humaine, douleur, destins tordus, brisés, violence, …

La survie c'est garder un espoir de mieux être, d'envie, de vouloir mais en changeant, non pas nos méthodes mais notre pensée, notre regard sur la politique, sur les militants, sur les citoyens… C'est réfléchir à deux niveaux.

lundi 21 avril 2014

Nous savons survivre et vous ?

Quoi de neuf ? 
L'austérité arrive en France et frappera, bêtement, les plus démunis, puis les RSA, les chômeurs, les travailleurs pauvres, les retraités, les jeunes, ... 
Nous sommes de ceux qui alarment, alertent depuis des années, en vain. A chaque fois qu'une "décision" est prise à tous les niveaux, c'est nous qu'elle touche le plus fort. Rien de mathématique là-dedans.
Souvenez-vous : le livret A, les franchises médicales, les aides au logement retoquées et tant d'autres.. des lois, des décrets, des rapports qui s'ajoutent, s'annulent, s'accumulent et rien au bout.
Les associations unies et réunies dans ces occasions n'ont jamais manqué de protester. Mais pour ceux qui les pratiquent, pour ceux que le et les systèmes obligent à passer par elles, qu'on t-elles proposées qui ait un impact immédiat sur la misère qu'elles dénoncent ?. Oui, il y a parfois, quelques projets qui émergent, pas trop mal même, des miettes. Mais dans l'ensemble leurs alertent portent sur ce qui a pourri ce monde ; l'argent.
Certaines disparaîtront, les "petites" peut-être et avec elles, le risque de perdre l'humain, le "familial", l'imagination.
Déjà les gros requins se profilent, Emmaüs Défi par exemple et son leader qui ne cache pas ses ambitions "ministérielles". On le connait, il y en a eut tant comme lui, martin hirsch, augustin legrand, ... Tous porteurs d'un espoir qui n'a servi qu'eux. Tous on fait frémir les foules et obtenu l'admiration des envieurs. Tous ont obtenu le soutien et l'écoute de nos politiques trop heureux de se décharger de sujets qui les ennuies au plus haut point. Pour quels résultats ?. Ils surfent sur la misère et nourrissent ses déviances : travail au rabais, contrats minables et sous payés, ...
Toutes ces associations intouchables, interlocuteurs privilégiés, se sont depuis longtemps institutionnalisées. Et avec elles, on retrouve toutes les dérives inacceptables qui font la une et le buzz.
De plus en plus de gens à la rue et ils ont beau s'acharner à nous décrire comme fous, bons à rien, parasites, rien n'y fait, on est là. Iront-ils vers une solution ultime ?. Jusqu'où iront-ils ?. 
En Hongrie, être sans logement est un délit passible de fortes amendes et de prison. Ici, les arrêtés anti-mendicité s'étendent tout doucement. Les étrangers sont les premiers visés par ces douces répressions qui ouvrent la voie à toutes les exactions.
Nous sommes les témoins privilégiés de toutes les magouilles, de tous les dysfonctionnements. Les témoins et les victimes.

La catastrophe se rapproche. Nous savons survivre et vous ?.